Un fonds américain achète une assurance contre un défaut de paiement du Maroc
Le gestionnaire américain John Hancock affiche une double posture sur le Maroc. D'après les formulaires N-PORT déposés le 30 octobre auprès de la SEC et arrêtés au 31 août, deux de ses fonds adoptent deux lectures différentes du risque marocain. D'un côté, l'Opportunistic Fixed Income Fund joue la prudence. Il a acheté 8 contrats de protection contre un événement de crédit du Royaume du Maroc pour un notionnel total de 2,59 millions de dollars (25,43 MDH). Concrètement, il paie une prime annuelle de 1% jusqu'au 20 juin 2031 pour s'assurer contre un défaut.
Si un événement de crédit survient sur l'obligation de référence, le Maroc 3% 2032 (ISIN XS2270576965), il sera indemnisé. Les contreparties de cette assurance sont prestigieuses : Morgan Stanley International a vendu 4 contrats pour 1,04 M$, JPMorgan Chase Bank et Barclays Bank 2 contrats chacune pour 775.000 $ chacune. La position est pour l'instant légèrement négative, avec une valeur de marché de -28.895 dollars, ce qui traduit un marché qui ne price pas de stress imminent sur le Maroc. Elle ne représente que 1,85% des 140 millions de dollars d'actifs du fonds.
De l'autre côté, l'Emerging Markets Debt Fund, de la même famille John Hancock Funds II, est clairement acheteur du risque marocain. Il porte 2,85 millions de dollars de nominal en obligations souveraines marocaines, valorisées 2,99 millions de dollars, signe d'une dette qui s'échange au-dessus du pair, et plus de 25 millions de dollars de dette OCP. Loin d'être un pari contre le Maroc, cette couverture par CDS est une pratique classique de gestion, se couvrir sur un fonds opportuniste tout en restant long et confiant sur le souverain marocain et son champion industriel sur un fonds émergent.






































