Réforme du pôle financier public : l'ANGSPE lance un diagnostic sur dix institutions stratégiques
Une vaste étude pour remettre de l'ordre dans la finance publique. L'Agence nationale de gestion stratégique des participations de l'État (ANGSPE) a lancé une mission de diagnostic qui concerne dix établissements et organismes clés du Royaume. Le rapport, publié jeudi 22 octobre, détaille les contours de cette réforme engagée au quatrième trimestre 2025. L'objectif est de clarifier les rôles de chaque acteur pour éviter les doublons et optimiser l'utilisation de l'argent public.
Les institutions concernées sont : la CDG, le Crédit Agricole du Maroc, le Fonds d'Équipement Communal, Tamwilcom, Barid Al-Maghrib, le Fonds Mohammed VI pour l'investissement, le Fonds Hassan II, Ithmar Al Mawarid, la SMIT et Maroclear. Aujourd'hui, ces structures ont des statuts et des mandats très différents. Si cette diversité permet de couvrir des besoins spécifiques, elle crée aussi des chevauchements de missions et une dispersion des interventions, selon l'ANGSPE. Le diagnostic va donc analyser en profondeur leurs missions, leurs modèles économiques, leur solidité financière et leur capacité à attirer des financements privés, à verser des dividendes à l'État et à soutenir la compétitivité nationale.
Cette initiative s'inscrit dans la mise en œuvre de la Politique actionnariale de l'État et la réforme des établissements et entreprises publics. À terme, l'étude doit proposer plusieurs scénarios de reconfiguration, du simple recentrage des missions jusqu'à une recomposition de certaines structures. L'ambition est de créer un pôle financier public plus intégré, plus performant et doté d'une gouvernance cohérente. Pour l'instant, aucune fusion ou suppression n'est annoncée. Avec les immenses besoins d'investissement pour la Coupe du Monde 2030 et les transitions énergétique, numérique et industrielle, l'État veut renforcer ses outils de financement tout en mobilisant davantage de capitaux privés.
Les conclusions sont attendues au deuxième semestre 2026. Elles devront dessiner une architecture financière publique à l'horizon 2030-2040, capable de financer l'économie tout en préservant la soutenabilité des finances publiques.




































