Jeune Afrique : Aziz Akhannouch tire sa révérence politique
Selon le magazine français Jeune Afrique, Aziz Akhannouch s'apprête à tourner définitivement la page politique pour se consacrer à nouveau à ses activités économiques au sein du groupe Akwa. Dans un article intitulé "Au Maroc, la sortie d'Aziz Akhannouch entre ombre et lumière", la publication revient sur les coulisses d'un départ discret mais qui bouleverse le paysage politique marocain. Tout a commencé lors des législatives du 23 septembre dernier. Alors que son parti, le Rassemblement National des Indépendants (RNI), passait de 102 à 66 sièges, Akhannouch a voté loin des caméras, demandant expressément à ce qu'aucun journaliste ne soit présent.
Malgré ce revers électoral, il a félicité le PAM, arrivé en tête, et a défendu le bilan de son gouvernement. Les signes de retrait se sont multipliés. Deux jours après le scrutin, des émissaires ont remis au siège du parti à Rabat une lettre de remerciement signée de sa main à l'équipe de campagne. Le 9 octobre, il assiste à l'ouverture de l'année législative aux côtés de Fatima Zahra Mansouri, mais quitte le Parlement sans aucune déclaration à la presse. Le 17 octobre, il cède officiellement le pouvoir à la nouvelle Cheffe du gouvernement, après la nomination du nouvel exécutif par le Roi Mohammed VI le 16 octobre.
Que va-t-il faire maintenant ? Officiellement toujours président du Conseil communal d'Agadir jusqu'en 2027, il a pourtant brillé par son absence lors de la session ordinaire du 7 octobre, laissant son adjoint Mustapha Boudraqa présider. Selon une source proche citée par Jeune Afrique, Akhannouch ne briguera pas de nouveau mandat à Agadir et ne compte pas jouer un rôle officieux au sein du RNI, estimant que le parti dispose des institutions nécessaires pour assurer sa continuité. Le retour aux affaires semble donc le scénario le plus probable. En 2021, lors de sa nomination à la primature, il avait annoncé se retirer de la gestion directe du groupe familial Akwa.
Cinq ans plus tard, il s'apprêterait à en reprendre les rênes. Le parcours d'Akhannouch est fait de départs et de retours. Entré au gouvernement comme ministre de l'Agriculture dès 2007, poste qu'il a occupé sous trois gouvernements, il avait déjà annoncé en mai 2016 vouloir quitter la politique, avant de prendre la présidence du RNI en octobre de la même année lors d'un congrès extraordinaire, pour mener le parti à la victoire en 2021. Mais cette fois, le retrait semble plus définitif. Dès janvier 2026, il avait annoncé ne pas vouloir briguer un second mandat gouvernemental et quitter la présidence du RNI, ce qui s'est concrétisé en février avec l'élection de Mohamed Chouki à sa tête.
Pour le chercheur Yassine El Bahlouli, prédire l'avenir d'Akhannouch reste difficile, mais son expérience gouvernementale de cinq ans rend un retour au premier plan plus complexe. Son départ ouvre surtout une nouvelle bataille interne au RNI. Jeune Afrique évoque une redistribution des cartes entre plusieurs figures : Rachid Talbi Alami, Mustapha Baitas, Mohamed Aujjar, ainsi que des leaders régionaux. Des clivages apparaissent entre les anciens du parti et ceux arrivés à l'ère Akhannouch, avec un débat sur la date du prochain congrès : février 2027 ou décembre 2026.


































