Maroc : 25 millions de personnes couvertes par l'AMO, mais de nouveaux défis se profilent

Oct 15, 2026 - 12:58
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Maroc : 25 millions de personnes couvertes par l'AMO, mais de nouveaux défis se profilent

Le nombre de bénéficiaires de l'Assurance Maladie Obligatoire (AMO) a atteint près de 25 millions de personnes en 2025. Un chiffre annoncé par Hassan Boubrik, Directeur Général de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS), lors d'une conférence internationale organisée à Marrakech par le Conseil de la Concurrence. Cette avancée majeure est le fruit d'une vaste opération d'intégration, facilitée par la simplification des procédures et la digitalisation des services d'inscription. Le Maroc a ainsi réussi à inclure une large partie de la population dans son système d'assurance maladie.

Cependant, pour le patron de la CNSS, l'extension quantitative ne suffit plus. Le véritable enjeu est désormais qualitatif. Il faut passer de la simple possession d'une carte d'assurance à un accès effectif et de qualité aux soins. Cela implique de renforcer le secteur public, d'améliorer la répartition des médecins sur le territoire et de réduire les inégalités entre les régions. Le succès de la généralisation de l'AMO met aussi le système financier sous pression. L'augmentation du nombre d'assurés s'accompagne mécaniquement d'une hausse de la consommation de médicaments et de services médicaux.

Sans une réforme du mode de financement et une meilleure maîtrise des dépenses, l'équilibre du système pourrait être menacé. Hassan Boubrik a insisté sur plusieurs leviers pour assurer la pérennité du modèle. Il a notamment appelé à repenser la gestion des dépenses pharmaceutiques, à accélérer l'adoption de protocoles thérapeutiques basés sur des preuves scientifiques et à mieux encadrer l'accès aux médicaments innovants et coûteux. L'objectif est de garantir l'accès aux dernières innovations sans mettre en péril les finances de l'assurance. La prise en charge des maladies chroniques a également été au cœur de son intervention.

 Ces patients, nécessitant un suivi régulier et des traitements de longue durée, représentent un défi majeur en termes de qualité de soins et de coûts. Enfin, le responsable a souligné la spécificité du secteur de la santé. Contrairement à d'autres marchés, la concurrence doit y être régulée avec des règles qui protègent avant tout le patient, tout en garantissant la transparence, notamment avec le développement de la digitalisation et la protection des données personnelles.