Le Maroc consacre 134 milliards à l'avenir de son rail

Oct 15, 2026 - 12:50
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Le Maroc consacre 134 milliards à l'avenir de son rail

Le Maroc accélère sa transformation ferroviaire. Avec une enveloppe de 134 milliards de dirhams, le Royaume lance le plus grand programme d'investissement de son histoire pour le secteur du rail, porté par l'Office National des Chemins de Fer (ONCF). Une ambition qui dépasse largement le cadre sportif, même si elle s'inscrit dans la préparation de la Coupe du Monde 2030. L'objectif est de faire du train l'épine dorsale de la mobilité nationale et un levier de compétitivité économique.

Pour y parvenir, le financement s'appuiera sur un nouveau contrat-programme entre l'État et l'ONCF, intégrant des mécanismes innovants comme la finance verte et une meilleure gestion des risques liés aux grands projets. Le projet phare reste sans conteste le prolongement de la Ligne à Grande Vitesse. Après le succès de l'axe Tanger-Kénitra, le TGV Al Boraq reliera désormais Kénitra à Marrakech. Une extension stratégique qui réduira considérablement le temps de trajet entre le Nord et le centre touristique et économique du pays. Mais le programme ne se limite pas à la grande vitesse. Il prévoit également un maillage plus fin du territoire.

Le futur port de Nador West Med sera ainsi connecté au réseau ferré national, un enjeu crucial pour le transport de marchandises et l'intégration logistique. Parallèlement, les grandes métropoles comme Casablanca, Rabat et Marrakech bénéficieront d'une refonte de leurs trains de proximité (TNR), pour répondre à l'explosion de la demande urbaine et désengorger les routes. Pour concrétiser cette vision, l'ONCF va considérablement renforcer sa flotte. L'acquisition de 168 nouveaux trains est prévue, allant des rames à grande vitesse aux automotrices pour les liaisons régionales.

Ce renouvellement s'accompagnera d'une modernisation en profondeur des voies, de la signalisation et des gares existantes. Au-delà des chiffres, ce plan traduit une volonté politique forte : inscrire durablement le Maroc dans une mobilité décarbonée, interconnecter efficacement les pôles industriels, les ports et les villes, et offrir aux citoyens comme aux entreprises une alternative fiable et moderne. Un chantier qui positionne le Royaume comme un leader du transport ferroviaire à l'échelle africaine, à un moment où le continent cherche justement à surmonter le défi du financement de ses infrastructures.