France : La surtaxe sur les grands groupes reconduite en 2027, Bercy espère pouvoir baisser le taux
Le gouvernement français s’apprête à maintenir pour une troisième année la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises. Une décision qui doit figurer dans le projet de loi de finances 2027, alors que l’exécutif cherche à sécuriser ses rentrées fiscales. Invité dans les médias cette semaine, Roland Lescure, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, a confirmé la reconduction du dispositif. Il a toutefois laissé la porte ouverte à un allègement : "Si on peut la baisser, on le fera, mais aujourd’hui ce n’est pas facile".
Le taux final dépendra donc de la marge de manœuvre budgétaire. Instaurée dans le budget 2025 pour un an, cette surtaxe avait déjà été prolongée en 2026. Elle vise environ 300 groupes réalisant au moins 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires. Un périmètre étroit, mais très rentable pour l’État. Avec un rendement estimé à 7,3 milliards d’euros en 2026, la contribution représente une ligne de recette clé pour Paris. Elle intervient dans un contexte de déficit public toujours élevé et d’objectifs de redressement des comptes.
Le gouvernement veut éviter de créer de nouveaux impôts. La stratégie privilégiée : contenir les dépenses et préserver les recettes existantes. "Pas de multiplication de nouvelles taxes", martèle-t-on à Bercy. La préparation du budget 2027 s’annonce pourtant tendue. La Commission européenne projette un déficit français à 5,7% du PIB l’an prochain en l’absence de mesures correctrices supplémentaires. Une pression qui pèse directement sur les arbitrages fiscaux.
Le sujet sera au centre des discussions jeudi à Paris, lors de la Rencontre des entrepreneurs de France. Roland Lescure doit y rencontrer le patronat, alors que la question de la compétitivité fiscale des grands groupes revient dans le débat.


































