Métaux stratégiques : Le Maroc se positionne comme futur hub du titane et de l’antimoine
Le Maroc veut jouer un rôle plus grand dans la course mondiale aux métaux critiques. Alors que les grandes puissances cherchent à sécuriser leurs approvisionnements, le Royaume mise sur ses ressources en titane et en antimoine pour attirer les investisseurs et monter en gamme. D’après un rapport publié par la plateforme spécialisée australienne Mining, l’activité minière marocaine connaît une nette accélération. Deux projets retiennent particulièrement l’attention. Le premier concerne le titane. Sur le site de "Titan Beach", qui couvre 192 km², une unité pilote de traitement vient d’être lancée.
Les analyses font état de teneurs en oxyde de titane allant jusqu’à 14,9%. Un niveau qui pourrait permettre au Maroc d’alimenter directement l’industrie aéronautique et de réduire sa dépendance aux quelques grands fournisseurs mondiaux actuels. Le titane est aujourd’hui considéré comme un métal sensible. Classé "critique" par les États-Unis, le Canada et l’UE, il est indispensable à l’aviation, à la défense et aux pigments industriels. Le marché mondial devrait dépasser les 2,9 milliards USD d’ici 2030 pour atteindre 3,7 milliards USD. Le second axe porte sur l’antimoine.
Au centre du pays, le "Projet Antimoine de Casablanca" s’étend sur 79 km². Porté par des sociétés comme Stratrare Critical Minerals, NSM Capital et Zeus Resources, le site combine mines anciennes et travaux d’exploration récents. Des prélèvements ont montré des concentrations exceptionnelles de 46,52%. L’intérêt pour ce métal a explosé depuis 2024. La Chine, qui assure 80% de la production mondiale et plus de la moitié des réserves, a bloqué ses exportations vers les États-Unis. Résultat : les prix ont grimpé de 2600%. Dans le même temps, l’offre mondiale recule, passant de 187.000 tonnes en 2011 à 110.000 tonnes en 2023. Pour les Occidentaux, l’urgence est de diversifier. Et le Maroc apparaît comme une alternative crédible.
L’antimoine est en effet incontournable : alliages pour munitions, missiles à guidage laser, batteries, retardateurs de flamme, électronique militaire et vision nocturne. Au-delà de ces deux métaux, le secteur minier reste un pilier de l’économie marocaine. Il pèse 10% du PIB, génère 30% des exportations, emploie 40.000 personnes et attire entre 1,7 et 3,4 milliards de dollars d’investissements chaque année. Pour structurer cette dynamique, Rabat s’appuie sur le "Plan minier 2021-2030". L’objectif est clair : découvrir de nouveaux gisements, augmenter la valeur ajoutée locale, innover et inscrire la croissance du secteur dans une logique durable.


































