Allemagne : 390 Marocains expulsés au premier semestre 2026, dans un contexte de durcissement des reconduites

Août 24, 2026 - 20:09
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Allemagne : 390 Marocains expulsés au premier semestre 2026, dans un contexte de durcissement des reconduites

L’Allemagne a procédé à l’expulsion de 390 ressortissants marocains au cours du premier semestre 2026. Selon des données officielles du gouvernement fédéral transmises en réponse à une question parlementaire du parti Die Linke, 60 d’entre eux ont été renvoyés vers d’autres pays dans le cadre du règlement "Dublin", qui attribue à un seul État européen la responsabilité d’examiner une demande d’asile selon le principe du "premier pays d’entrée". Ce bilan s’inscrit dans un contexte global de hausse des mesures d’éloignement. Les ressortissants turcs arrivent en tête des expulsions avec 1 565 cas, suivis des Géorgiens, des Algériens, des Syriens et des Afghans.

Au total, 2 390 personnes ont été reconduites dans le cadre d’opérations collectives. Parmi elles, 2 217 ont été renvoyées vers leur pays d’origine, 168 vers un autre État de l’Union européenne et 5 vers un pays tiers n’étant pas leur pays d’origine. Le rapport du gouvernement met en lumière les difficultés rencontrées lors de ces opérations. Les autorités allemandes ont eu recours à la force ou à la contrainte physique dans 786 cas, que ce soit lors de la remise aux services de la police fédérale ou durant les transferts aériens. Par ailleurs, 734 expulsions ont été suspendues ou annulées pour diverses raisons : résistance des personnes concernées, problèmes de santé urgents ou recours judiciaires déposés à la dernière minute contre les décisions de renvoi. Certaines organisations en Allemagne ont également exprimé des réserves, notamment concernant l’expulsion de personnes souffrant de maladies physiques ou psychiques graves, ainsi que d’enfants présentant des troubles du développement ou des pathologies chroniques.

 Plus de 1 900 femmes figuraient parmi les personnes expulsées sur la période. Les chiffres montrent une tendance à la hausse depuis plusieurs années. Les expulsions forcées étaient de plus de 16 000 en 2023, près de 20 000 en 2024, puis ont dépassé 22 000 en 2025. Les Turcs et les Géorgiens figuraient alors parmi les nationalités les plus concernées. Le gouvernement fédéral a également confirmé des renvois vers des pays aux situations sécuritaires et de droits humains controversées. Ainsi, 18 personnes ont été expulsées vers l’Iran et 793 vers l’Irak au cours du premier semestre 2026.

 Ces décisions ont suscité des critiques, notamment au sujet des risques encourus par certains rapatriés, dont des membres de la communauté yézidie déjà victimes de persécutions. En parallèle de la politique d’expulsion, Berlin mise sur le retour volontaire. Plus de 16 000 personnes ont bénéficié en 2025 des programmes d’aide au retour volontaire cofinancés par l’État fédéral et les Länder, en hausse par rapport à l’année précédente. Selon l’exécutif, le léger recul des expulsions au premier semestre 2026 s’explique principalement par la baisse du nombre de demandeurs d’asile depuis début 2025.

Pourtant, l’Allemagne compte toujours environ 259 000 personnes dans l’obligation de quitter le territoire. Environ 77 % d’entre elles disposent toutefois d’un permis de séjour temporaire qui suspend l’exécution de la mesure. Ces tolérances sont accordées en cas d’absence de documents de voyage, de problèmes de santé, de grossesse ou d’autres empêchements juridiques et pratiques. À fin juin 2026, plus de 60 % des personnes concernées par une obligation de quitter le territoire étaient d’anciens demandeurs d’asile déboutés. Mais ce statut touche aussi des travailleurs migrants ayant perdu leur emploi, des touristes en situation de dépassement de visa et d’anciens étudiants n’ayant pas obtenu de titre de séjour.