Volkswagen envisage de fermer son usine en Afrique du Sud et le Maroc apparaît comme une alternative stratégique

Fév 16, 2026 - 23:34
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Volkswagen envisage de fermer son usine en Afrique du Sud et le Maroc apparaît comme une alternative stratégique

Un tournant majeur se profile dans la stratégie africaine du groupe Volkswagen. Selon des informations relayées par la presse économique internationale, le constructeur allemand étudierait sérieusement la fermeture de son usine historique située à Kariega, dans la province de l’Eastern Cape en Afrique du Sud. Cette éventuelle décision menace près de 4.000 emplois directs et des dizaines de milliers d’emplois indirects liés à la chaîne d’approvisionnement locale, plaçant l’avenir de l’industrie automobile régionale dans une situation particulièrement délicate.

Pourtant, le groupe allemand n’a pas ménagé ses efforts en matière d’investissement. Depuis l’ouverture du site en 2011, plus de 538 millions de dollars ont été injectés dans l’usine. En 2024, Volkswagen avait même annoncé un investissement additionnel de 210 millions de dollars pour développer un nouveau modèle SUV prévu pour 2027. Toutefois, l’absence de réformes structurelles et de réponses concrètes aux demandes de l’entreprise aurait fragilisé la viabilité de ces engagements financiers.

Les négociations entre Volkswagen et le ministère sud-africain du Commerce et de l’Industrie semblent traverser une phase de blocage. Martina Biene, présidente de Volkswagen Afrique, aurait qualifié l’année 2026 d’année décisive, soulignant que le leadership exige des actions concrètes et non de simples déclarations d’intention. Le contexte industriel sud-africain est marqué par plusieurs défis structurels, notamment l’instabilité des politiques publiques, la hausse des droits de douane, la concurrence croissante des véhicules chinois à bas coût et le recul de la demande locale.

À cela s’ajoute l’inquiétude suscitée par l’expansion d’acteurs chinois sur le marché, à l’image de Chery, qui a repris des installations industrielles concurrentes telles que l’usine Nissan de Rosslyn. Dans ce climat incertain, le Maroc se positionne comme une alternative crédible et stratégique pour accueillir d’éventuels investissements du groupe allemand. Le Royaume a enregistré une progression remarquable dans le secteur automobile, dépassant l’Afrique du Sud pour devenir le premier producteur de véhicules sur le continent africain. L’attractivité du Maroc repose sur plusieurs atouts majeurs, notamment sa proximité géographique avec les marchés européens, la stabilité de son environnement économique et énergétique, ainsi qu’une infrastructure industrielle moderne développée dans des pôles tels que Tanger et Kénitra.

Le pays bénéficie également d’un large réseau d’accords de libre-échange facilitant l’accès aux marchés internationaux. Le secteur automobile constitue aujourd’hui la principale locomotive des exportations marocaines, offrant un écosystème intégré capable de répondre aux exigences des grands constructeurs internationaux. Dans ce contexte, un éventuel redéploiement stratégique de Volkswagen vers le Maroc pourrait profondément redessiner la carte de l’industrie automobile en Afrique et renforcer davantage le positionnement du Royaume comme hub industriel régional.