Travail des enfants : Le CESE plaide pour la "tolérance zéro" avant 16 ans et des mesures territoriales fortes

Juil 1, 2026 - 14:50
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Travail des enfants : Le CESE plaide pour la "tolérance zéro" avant 16 ans et des mesures territoriales fortes

Le Conseil Economique, Social et Environnemental tire la sonnette d’alarme. Dans un avis présenté mercredi à Rabat, il appelle à une politique publique intégrée et territorialisée pour éradiquer le travail des enfants, avec un principe clair : "tolérance zéro" pour les mineurs de moins de 16 ans. Le Royaume a enregistré une baisse de plus de 80% en 25 ans. Le nombre d’enfants de 7 à 17 ans exerçant une activité est passé de 517.000 en 1999 à environ 101.000 en 2024, selon Abdelkader Amara, président du CESE.

Ces avancées sont attribuées aux réformes législatives et institutionnelles menées sous les Hautes Orientations de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Reste que des pratiques graves subsistent : travaux dangereux, travail domestique, mendicité organisée et exploitation. Karima Mkika, rapporteure du sujet, a détaillé le profil : 87% des enfants au travail sont déscolarisés. 70% exercent dans le secteur agricole en milieu rural. Autre alerte : la traite des êtres humains.

En 2025, 102 affaires ont été enregistrées au niveau national, avec 93 mineurs identifiés comme victimes. Pour le CESE, la persistance du phénomène est liée à la pauvreté, à la précarité des ménages, au décrochage scolaire, à l’expansion de l’informel et aux inégalités entre villes et campagnes. Une consultation via la plateforme "Ouchariko" avec 1.540 réponses confirme l’urgence d’un soutien ciblé aux familles en situation de précarité économique. Le Conseil propose une feuille de route en 5 volets : gouvernance et suivi territorial, application effective des lois, soutien social aux familles vulnérables, passerelles éducation-formation-emploi, et mobilisation de tous les acteurs.

 Parmi les mesures phares : relever à 16 ans l’âge légal d’accès à l’emploi, moderniser l’inspection du travail avec la data, conditionner une partie des aides sociales à la scolarité, et créer un statut protégé pour les apprentis de 16 à 18 ans. Le 30 mars dernier, le CESE a aussi signé une convention avec l’Observatoire National des Droits de l’Enfant pour mettre en place un mécanisme de coordination permanent.