Maroc : le PLF 2027 aligne les pétroliers sur les banques avec un IS à 40%
Le projet de loi de finances pour l'année 2027 prévoit d'appliquer le taux maximal de 40% de l'impôt sur les sociétés aux entreprises qui importent ou distribuent des hydrocarbures. La condition pour être concerné est de réaliser un bénéfice net fiscal de 100 millions de dirhams ou plus. En dessous de ce seuil, rien ne change. Au-delà, la facture fiscale s'alourdit de 5 points. Pour bien comprendre l'enjeu, retour sur la fiscalité actuelle. Depuis la grande réforme de l'IS entamée en 2023, le paysage est le suivant en 2026, le taux normal est de 20% pour la majorité des entreprises.
Le taux de 35% s'applique aux grandes entreprises dont le bénéfice dépasse 100 millions de dirhams. Et le taux de 40% est un taux d'exception, réservé à une poignée d'acteurs ultra-rentables : les banques, Bank Al-Maghrib, la CDG, les assurances et réassurances. Le PLF 2027 vient donc casser cette exclusivité du secteur financier. Il fait entrer les grands importateurs et distributeurs d'hydrocarbures dans le club très fermé du 40%. Pourquoi ce choix ? Le gouvernement justifie cette mesure par la nécessité de renforcer la contribution des secteurs à forte marge et stratégiques pour l'économie nationale.
Dans un contexte où le budget de l'État a besoin de nouvelles recettes pour financer les chantiers sociaux, faire passer les pétroliers de 35% à 40% représente un levier important. Cette disposition ne touchera pas le petit distributeur ou la station-service indépendante. Elle vise directement les grands groupes qui dominent le marché de l'importation et de la distribution de carburants au Maroc, et dont les bénéfices dépassent largement la barre des 100 millions de dirhams.




































