Indice de Prospérité Legatum 2026 : Le Maroc 76e mondial, fort en liberté économique mais à la traîne en éducation
Le Maroc occupe la 76e place mondiale sur 161 pays dans l'Indice de Prospérité Mondiale 2026 publié par l'institut britannique Legatum, un classement qui met en lumière un contraste saisissant entre les avancées économiques du Royaume et ses lacunes sociales persistantes. Élaboré à partir de plus de 615 000 données issues de 35 sources et de 130 indicateurs répartis autour de trois grands piliers que sont le développement, la liberté et la société, l'indice révèle que si le Maroc progresse sur le terrain de l'économie, il reste freiné par des défis structurels majeurs, au premier rang desquels l'éducation.
Sur ce volet, le pays chute à la 122e position mondiale, une contre-performance qui traduit les difficultés continues liées à la qualité des apprentissages, à la formation des compétences et à l'adéquation entre le système éducatif et les exigences du marché du travail, à l'heure où le capital humain est devenu un levier décisif de compétitivité et d'attractivité. Ce décrochage n'est pas isolé, puisque le Royaume se classe également 104e en niveau de vie, 80e en santé, 86e en sécurité civile et 108e en liberté d'expression, autant d'indicateurs qui montrent que l'amélioration du climat des affaires ne s'est pas encore pleinement traduite en bien-être et en progrès social.
À l'inverse, le Maroc signe l'une de ses meilleures performances en liberté économique, où il atteint la 54e place mondiale, confirmant les efforts entrepris pour libéraliser et dynamiser son environnement des affaires. Le tableau est tout aussi contrasté sur le plan sociétal, avec une 36e place en intégrité familiale, l'un des meilleurs scores du pays qui souligne la solidité des liens familiaux, contre une 94e place en intégrité des communautés locales, une 56e place en intégrité de la société et une 75e place en intégrité de l'État, révélant un décalage entre la force du noyau familial et la confiance dans les institutions élargies. Au niveau mondial, le palmarès reste dominé par la Suisse, suivie de la Norvège, de l'Irlande, du Danemark et de la Finlande, complétées dans le top 10 par l'Islande, la Suède, l'Allemagne, l'Australie et les Pays-Bas, des pays qui incarnent l'équilibre entre institutions fortes, prospérité économique et services sociaux de qualité, tandis que le bas du classement est occupé par l'Érythrée à la 161e et dernière place, précédée par le Niger, le Tchad, la Centrafrique, le Burundi, la Somalie, l'Afghanistan, le Soudan du Sud, la République Démocratique du Congo et le Soudan.
Pour le Maroc, l'enseignement de ce rapport est sans ambiguïté, le fossé entre sa 54e place en liberté économique et sa 122e place en éducation illustre que la prochaine étape de son développement ne dépendra plus seulement des infrastructures et des investissements, mais bien de sa capacité à transformer sa croissance en prospérité partagée en investissant massivement dans l'éducation, les compétences, le niveau de vie et la cohésion sociale.


































