Bourse : Le fonds NextGen de Morgan Stanley relève son exposition au Maroc tout en restant sous-pondéré
Morgan Stanley Investment Management change de regard sur le Maroc. Dans sa dernière note de gestion, le géant américain révèle avoir augmenté progressivement ses positions sur le marché marocain au cours du premier semestre 2026, tout en conservant une exposition inférieure au poids du Royaume dans son indice de référence, le MSCI Frontier Emerging Markets. Le gestionnaire du fonds NextGen Emerging Markets Fund se dit désormais plus optimiste sur la trajectoire de long terme du pays, évoquant des « moteurs de croissance plus constructifs ».
Une analyse structurelle qu'il déconnecte volontairement de la contre-performance boursière observée en juin. Le mois dernier, la place de Casablanca a en effet compté parmi les plus faibles des marchés frontières émergents, selon MSIM, plombée par le décrochage du secteur minier et en particulier des producteurs de métaux précieux, dans un contexte de rotation sectorielle défavorable à l'or et à l'argent. Cette correction a finalement servi la performance relative du fonds. Grâce à sa sous-pondération sur le Maroc, NextGen a tiré son épingle du jeu : en juin, ses parts A ont progressé de 4,94% net, contre 3,99% pour son benchmark, soit une surperformance de 95 points de base. Le bilan depuis le début de l'année reste toutefois en retrait : +13,48% pour le fonds contre +15,95% pour l'indice, soit un écart négatif de 2,47 points.
Si Morgan Stanley maintient sa prudence tactique, il met en avant une amélioration des fondamentaux marocains pour justifier ses achats de 2026. Le cadre macroéconomique est décrit comme « relativement stable », soutenu par une inflation maîtrisée, une politique monétaire crédible, une position extérieure sous contrôle et un marché des changes stable. Le gestionnaire note également une reprise graduelle de la demande intérieure, favorable aux valeurs domestiques.
Le fonds est ainsi exposé à un panier d'entreprises marocaines jugées de qualité, issues de quatre secteurs clés : la finance, le transport maritime, la construction et la santé. MSIM ne dévoile ni les noms des sociétés ni leur poids exact, ce qui ne permet pas de mesurer l'ampleur réelle du renforcement opéré. Ce repositionnement, même partiel, intervient dans un contexte où le Maroc confirme sa montée en gamme industrielle, avec notamment une filière fabrication de matériels de transport qui a bondi de 140% depuis 2014 pour peser aujourd'hui près de 2% du PIB, un argument de plus pour les investisseurs internationaux en quête de croissance durable sur les marchés frontières.


































