Grèce : Journée de mobilisation à Athènes et Thessalonique contre la vie chère
L'inspiration vient de France. La Grèce s'apprête à vivre une journée de mobilisation ce mercredi, avec des manifestations prévues à Athènes et Thessalonique pour dénoncer la hausse du coût de la vie et la crise du logement étudiant. Dès mardi soir, le ton a été donné. Des dizaines d'étudiants ont planté des tentes devant le Parlement sur la place Syntagma à Athènes et dans une rue piétonne de Thessalonique, la grande ville universitaire du pays.
C'est la deuxième action en une semaine. Ce mercredi midi, deux rassemblements sont prévus. Les étudiants réclament la défense d'un enseignement public et gratuit. "La situation est devenue insupportable à cause du coût des études", a confié Katia Koposidou, représentante des étudiants en philosophie à l'Université Aristote de Thessalonique, à l'AFP. Sur les pancartes, on pouvait lire : "Grèce et France, même combat, même ennemi" ou encore "De la Grèce à la France, nous luttons pour une éducation publique et gratuite".
Le mouvement est soutenu par le syndicat des fonctionnaires Adedy, qui a appelé à un arrêt de travail à partir de 11h00 heure locale pour rejoindre la manifestation à Athènes. Les lycéens et les professeurs du secondaire sont aussi de la partie, pour dénoncer le manque de moyens. Le syndicat des enseignants estime qu'il manque près de 15.000 professeurs dans les écoles. En cause, des salaires qui stagnent. Malgré des revalorisations depuis la crise financière, le salaire minimum net ne dépasse pas 920 euros en Grèce. Et l'investissement dans l'éducation est en berne : selon Eurostat, Athènes n'y a consacré que 3,3% de son PIB en 2023, contre 4,7% en moyenne dans l'Union européenne.
Le syndicat Adedy a d'ailleurs salué "les manifestations massives du peuple et de la jeunesse en France" et réclame une hausse des salaires et un soutien aux enseignants. De son côté, le gouvernement tente de dédramatiser. Le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis a assuré lundi que la Grèce ne reviendrait "jamais à l'ère des grands troubles sociaux" qu'a connus le pays au moment de l'austérité. Cette vague de contestation en Grèce rappelle que la question du pouvoir d'achat et du logement étudiant touche toute l'Europe, de la France à la Grèce.
À Athènes comme à Paris, les jeunes générations dénoncent la précarité et la cherté de la vie. Les autorités grecques craignent une contagion du mouvement social français, alors que le pays peine encore à se relever des années de crise économique. La mobilisation devrait se poursuivre dans les prochains jours selon les organisateurs.



































