Ursula von der Leyen salue la gestion conjointe du Maroc et de l’Espagne et propose de renforcer le soutien à Rabat
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a salué la manière dont les autorités espagnoles et marocaines ont géré la crise migratoire vers la ville de Ceuta, qui a vu l’arrivée d’environ 60 000 migrants. Elle estime que les mesures prises ont permis de contenir la situation. Dans une lettre adressée au chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, en réponse à sa plainte concernant le manque de solidarité de certains pays européens, la présidente de la Commission a insisté sur la nécessité de renforcer la politique migratoire au sein de l’Union européenne. Datée du 3 août et publiée par le site Euractiv, la lettre souligne que les autorités espagnoles et marocaines ont réagi à la crise "avec efficacité et compétence".
Selon von der Leyen, cela a permis d’empêcher tout mouvement de migration irrégulière de gagner le territoire continental espagnol et le reste de l’Europe. Elle ajoute que l’action des autorités espagnoles a été déterminante pour éviter une aggravation de la crise et a contribué à éviter de nouvelles pertes humaines qu’elle qualifie de "tragiques et inutiles". La responsable européenne met également en avant le rôle joué par le Maroc durant cette crise, le qualifiant de "partenaire stratégique important", notamment dans la lutte contre le trafic de migrants et la migration irrégulière.
Ursula von der Leyen affirme que l’UE souhaite renforcer son partenariat avec Rabat. Elle propose de développer des systèmes d’alerte précoce pour la gestion des frontières, ainsi que d’accroître le soutien financier et technique accordé au Maroc. Elle précise que l’Union européenne doit intensifier ses efforts pour protéger ses frontières extérieures, en particulier dans les points sensibles. Cela passe par la mise en place de systèmes d’alerte précoce concernant Ceuta et Melilla en coopération avec l’Espagne, et par le renforcement de l’aide technique et financière au Maroc. Le montant et les modalités de ce soutien n’ont toutefois pas été précisés.
Cette proposition renforce la place du Maroc dans le débat européen qui a suivi la crise. Les institutions de l’UE tendent à le considérer comme un partenaire clé dans la surveillance des frontières et la lutte contre les réseaux de passeurs. Dans ce contexte, les ministres de l’Intérieur des pays de l’UE doivent se réunir mardi en session d’urgence pour examiner les conséquences de la crise et les mesures pour éviter qu’elle ne se reproduise. Par ailleurs, Ursula von der Leyen a rappelé que l’Union européenne n’acceptera pas que la migration soit utilisée comme un moyen de pression contre un État membre. Elle appelle à un débat stratégique entre les dirigeants européens lors du Conseil européen prévu en octobre.

































