Sardine congelée : l’Espagne cherche des solutions après la suspension des exportations marocaines

Juil 19, 2026 - 18:55
 0
.
Sardine congelée : l’Espagne cherche des solutions après la suspension des exportations marocaines

La décision marocaine de suspendre l’exportation de sardine congelée continue de faire réagir. L’Association des Amis d’Elliottis d’Agadir et de Laâyoune et l’Association nationale des fabricants espagnols de conserves de produits de la mer ANFACO-CYTM ont tenu une réunion de travail pour examiner des pistes permettant d’amender cette mesure prise en février dernier. En janvier, Zakia Driouich, secrétaire d’État chargée de la Pêche maritime, a justifié l’arrêt des exportations par la nécessité d’assurer l’approvisionnement du marché intérieur en sardine. Une annonce qui a suscité l’inquiétude en Espagne.

Pour les industriels espagnols, le Maroc représente un approvisionnement vital pour leurs usines de transformation. ANFACO-CYTM tire la sonnette d’alarme. Dans les dix premiers mois de 2025, l’Espagne a importé près de 27 400 tonnes de sardine congelée du Maroc. Ce volume équivaut à 94% des importations espagnoles en provenance de pays hors UE. La fédération estime que ce blocage aura des répercussions directes sur la production des conserveries espagnoles et sur l’emploi. Elle a déjà contacté les autorités marocaines pour exprimer ses préoccupations. Elle propose d’aborder la question de la durabilité du stock de sardine par des moyens techniques, et évoque une coopération possible avec l’Institut espagnol d’océanographie.

L’impact se fait surtout sentir sur le marché européen, première destination des conserves de sardines fabriquées en Espagne. Entre janvier et octobre 2025, l’UE a importé plus de 17 000 tonnes de conserves de sardines de pays tiers, soit 89% du total. Ces données confirment le poids du Maroc comme fournisseur principal, mais aussi comme concurrent direct : l’Espagne n’a produit que 13 000 tonnes de conserves de sardines sur toute l’année 2024.

 La rencontre entre les deux associations vise donc à trouver un équilibre entre la préservation de la ressource halieutique au Maroc et le maintien de l’activité industrielle en Espagne.