Omar Hilale lance à New York un dialogue stratégique pour renforcer le lien entre paix et financement du développement
Le siège des Nations Unies à New York a connu une dynamique diplomatique marquante à l’occasion de l’ouverture du forum du Conseil économique et social consacré au financement du développement. La présence marocaine s’est distinguée à travers le rôle assumé par l’Ambassadeur Omar Hilale, Représentant permanent du Royaume, qui préside également la Commission de consolidation de la paix. Cette présence a dépassé le cadre protocolaire pour prendre une dimension stratégique avec le lancement d’un dialogue de haut niveau avec les Directeurs exécutifs de la Banque mondiale.
L’objectif est de repenser les bases de la coopération entre le système onusien de paix et les institutions internationales de financement. Lors de son intervention, Omar Hilale a insisté sur l’interdépendance profonde entre la paix et le développement. Il a estimé qu’aucun processus de développement ne peut être durable sans stabilité, et que les efforts de consolidation de la paix restent fragiles sans une assise économique et sociale solide. Il s’est appuyé sur des données préoccupantes qui montrent qu’une part importante des populations vivant dans l’extrême pauvreté se trouve dans des zones marquées par la fragilité ou les conflits.
Cette situation impose, selon lui, de réorienter l’attention internationale vers ces environnements qui constituent des foyers de tension et d’instabilité. Le dialogue tenu à New York s’inscrit dans la continuité d’une série de rencontres précédentes organisées à Washington. Il traduit une orientation croissante vers une meilleure intégration entre l’action politique et le financement du développement. Au moment où les Nations Unies cherchent à consolider des approches préventives en matière de paix, le rôle des institutions financières, au premier rang desquelles la Banque mondiale, apparaît essentiel pour fournir les ressources nécessaires au soutien de ces efforts, en particulier dans les pays sortant de conflits ou en situation de fragilité.
Dans ce contexte, le responsable marocain a présenté l’expérience de la République centrafricaine comme exemple des progrès réalisables lorsque la volonté politique et le soutien international sont réunis. Il a relevé l’amélioration enregistrée sur le plan de la sécurité et du renforcement de l’autorité de l’État, ainsi que les avancées dans le processus de justice transitionnelle. Ces acquis, a-t-il précisé, nécessitent toutefois un accompagnement financier et technique continu pour garantir leur pérennité et éviter tout recul.
Pour consolider cette orientation, Omar Hilale a proposé un ensemble de priorités pratiques visant à approfondir le partenariat entre les Nations Unies et la Banque mondiale. Parmi ces priorités figurent la mobilisation de financements dédiés à la réintégration communautaire, l’appui aux réformes des secteurs de la sécurité et de la justice, ainsi que l’accompagnement des États fragiles pour accéder à des programmes de financement liés à la prévention et au renforcement de la résilience.


































