L’Islande dit non à l’Europe : les Islandais enterrent l’idée d’une adhésion à l’UE jusqu’en 2028

Août 31, 2026 - 17:51
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L’Islande dit non à l’Europe : les Islandais enterrent l’idée d’une adhésion à l’UE jusqu’en 2028

Les Islandais ont tranché. Lors d’un référendum consultatif tenu dimanche, ils ont rejeté à 52,8% la reprise des négociations d’adhésion à l’Union européenne, contre 47,2% de "oui". Les résultats définitifs publiés dimanche 30 août par la chaîne publique RUV mettent ainsi un coup d’arrêt aux espoirs de Bruxelles de voir la riche île de l’Atlantique Nord rejoindre ses rangs. Interrogés sur la question "L’Islande doit-elle rouvrir les négociations d’adhésion avec l’Union européenne ?", les électeurs ont donc préféré le statu quo. 

Ce vote gèle de fait toute discussion sur une candidature islandaise au moins jusqu’en 2028 et constitue une déception pour l’UE, qui s’était montrée ouverte à des compromis pour accueillir Reykjavik. Cette décision ramène l’Islande plusieurs années en arrière. Le pays de près de 400 000 habitants avait déposé sa candidature en 2009, en pleine crise financière qui avait mis son économie à genoux. Les négociations avaient toutefois été suspendues en 2013 avec l’arrivée d’un gouvernement eurosceptique. Depuis, l’île est restée en dehors de l’UE tout en restant très intégrée au bloc via l’Espace économique européen et l’espace Schengen.

Pour le gouvernement actuel de la sociale démocrate Kristrun Frostadottir, ce référendum visait à faire le point dans un contexte international devenu instable. Entre la guerre en Ukraine et les déclarations répétées de Donald Trump sur le Groenland voisin que l’ancien président américain a plusieurs fois confondu avec l’Islande l’exécutif voulait savoir si les Islandais étaient prêts à envisager une intégration plus poussée. Au final, le débat est resté largement centré sur les questions économiques et de souveraineté intérieure. Pêche, agriculture et contrôle des ressources naturelles ont dominé la campagne, des sujets sensibles pour une nation qui a bâti sa prospérité sur l’exploitation de ses eaux.

Bien que le référendum n’ait qu’une valeur consultative, le gouvernement s’était engagé à respecter le verdict des urnes. Avec ce "non", les liens entre Reykjavik et Bruxelles devraient donc rester inchangés. L’Islande continuera de profiter du marché unique sans avoir à adopter l’euro ni la politique agricole commune, mais elle restera aussi à l’écart de la table des décisions européennes.