Législatives 2026 au Maroc : un scrutin sous le signe de la transparence et de la moralisation

Sep 1, 2026 - 11:49
 0
.
Législatives 2026 au Maroc : un scrutin sous le signe de la transparence et de la moralisation

Les élections législatives de 2026 constituent un rendez-vous majeur pour la consolidation de l’édifice démocratique au Royaume. Elles s’inscrivent dans la continuité des réformes ambitieuses lancées ces dernières années visant à moraliser le processus électoral, garantir une concurrence loyale et consacrer la transparence du vote. Le cadre juridique et institutionnel qui encadre ces prochaines échéances capitalise sur les acquis accumulés par le Maroc en matière de gestion de la chose électorale. Il traduit une volonté politique forte d’asseoir des bases solides pour un scrutin fondé sur la confiance, l’intégrité et le respect du choix des électeurs.

 Cette démarche vise à renforcer la pratique démocratique, réhabiliter l’action politique et restaurer la confiance des citoyens dans les institutions élues, tout en mettant fin aux pratiques déloyales susceptibles d’affecter le déroulement du vote. Parmi les mesures phares adoptées figure l’inéligibilité des personnes condamnées ou prises en flagrant délit pour des crimes spécifiques, en première instance ou en appel.

Ainsi, tout candidat surpris en flagrant délit d’actes portant atteinte à l’éthique, à la morale, à la probité financière ou à la crédibilité du processus électoral verra sa candidature rejetée ou annulée si les faits sont établis après le dépôt des dossiers. Les personnes condamnées en première instance pour crime perdent immédiatement leur éligibilité, au regard de la gravité des faits qui leur sont reprochés. Celles ayant fait l’objet d’une condamnation définitive en appel entraînant la perte de l’éligibilité sont également exclues du droit de se porter candidates.

 Cette mesure d’inéligibilité en cas de flagrant délit ne porte pas atteinte au principe de la présomption d’innocence. Elle relève d’une disposition préventive destinée à protéger l’intérêt général et à préserver l’intégrité morale des institutions représentatives. Le nouveau dispositif prévoit également un allongement de la durée d’inéligibilité pour les élus déchus de leurs fonctions. La période d’interdiction de candidature est désormais portée à deux mandats électoraux complets. L’objectif est d’éviter le retour rapide à des fonctions de responsabilité de personnes sanctionnées pour des manquements graves et d’inciter les élus à faire preuve d’exemplarité dans la gestion des affaires publiques.

 Les sanctions liées aux crimes électoraux ont par ailleurs été substantiellement durcies. Vingt-huit articles sur trente-deux ont été révisés, avec un renforcement notable des peines privatives de liberté et des amendes financières. Certaines infractions ont été requalifiées en crimes compte tenu de leur gravité. Ces mesures cherchent à dissuader toute tentative visant à porter atteinte à l’opération de vote ou à ses résultats. Conscients des risques liés à l’essor des technologies numériques, les législateurs ont intégré de nouvelles dispositions pour encadrer l’usage des réseaux sociaux, des plateformes en ligne et de l’intelligence artificielle. Est désormais criminalisée toute utilisation de ces outils pour commettre des fraudes électorales, qu’il s’agisse de la diffusion de contenus falsifiés, de fausses informations ou de la manipulation d’images et de propos à des fins de diffamation des candidats ou d’atteinte à la vie privée des électeurs.

La publication d’annonces politiques payantes sur des plateformes étrangères est également interdite afin de prémunir le processus électoral contre toute influence extérieure et de préserver la souveraineté de la décision électorale nationale. De plus, les infractions commises lors de l’élection des membres de la Chambre des Représentants ne peuvent plus faire l’objet de peines alternatives. Dans un souci de renforcer la transparence le jour du scrutin, les nouvelles dispositions imposent l’obligation de voter dans un isoloir ouvert du côté faisant face aux membres du bureau de vote et aux représentants des candidats.

Cette mesure vise à prévenir tout comportement susceptible de porter atteinte au secret du vote, notamment la prise de photographies des bulletins ou toute tentative d’influence à l’intérieur des bureaux de vote.