Le FMI salue les réformes engagées par le Maroc et prévoit une croissance de 4,9 pour cent en 2026
La cheffe de mission du Fonds monétaire international au Maroc, Laura Jaramillo, a salué à Rabat les avancées significatives réalisées par le Royaume en matière de réformes fiscales et de modernisation de l’administration publique. Ces progrès s’inscrivent dans le cadre des consultations menées au titre de l’article IV pour l’année 2026. Selon la responsable, les autorités marocaines commencent à récolter les fruits de plusieurs années d’efforts, notamment grâce aux réformes de la taxe sur la valeur ajoutée et de l’impôt sur les sociétés, ainsi qu’à la dématérialisation des procédures administratives.
Ces mesures ont contribué à une progression exceptionnelle des recettes publiques, consolidant ainsi la dynamique budgétaire du pays. En termes de perspectives macroéconomiques, le FMI projette une croissance de 4,9 pour cent en 2026. Cette performance serait soutenue par la vigueur de l’investissement public et privé, ainsi que par une production agricole solide favorisée par une pluviométrie exceptionnelle. À court terme, le risque climatique lié à la sécheresse apparaît moins prononcé, ce qui renforce les perspectives favorables. Cependant, des défis externes persistent.
La volatilité des prix des matières premières et du pétrole, ainsi que le ralentissement économique dans la zone euro, principal partenaire du Maroc, pourraient peser sur les exportations et les flux d’investissements directs étrangers. Sur le plan monétaire, l’institution internationale encourage Bank Al Maghrib à poursuivre sa transition vers un régime de ciblage de l’inflation. Une phase pilote est prévue en 2026, avant une mise en œuvre complète en 2027. Cette évolution devrait s’accompagner d’une plus grande flexibilité du taux de change et d’une communication transparente sur les différentes étapes de la réforme. Concernant les finances publiques, le FMI estime que la dette du Maroc demeure soutenable et que le risque souverain reste modéré.
La trajectoire actuelle devrait permettre de reconstituer progressivement des marges budgétaires à moyen terme. La question des retraites constitue également un enjeu majeur. L’institution salue l’ouverture d’un dialogue entre les parties prenantes et insiste sur la nécessité de garantir la soutenabilité financière du système à long terme. Par ailleurs, le chômage, notamment celui des jeunes, demeure un défi structurel important.
Le FMI recommande de renforcer davantage le rôle du secteur privé, de faciliter l’accès au financement pour les très petites et moyennes entreprises et d’adapter les programmes de formation aux besoins du marché du travail. Enfin, sur le plan climatique, les efforts engagés pour renforcer la résilience face aux effets du changement climatique, en particulier la sécheresse, ont été salués. Le développement des infrastructures de dessalement et l’amélioration de la gestion des ressources hydriques figurent parmi les priorités stratégiques du Royaume.
À travers ces différentes orientations, le Maroc poursuit une trajectoire de réformes visant à consolider sa stabilité macroéconomique et à soutenir une croissance inclusive et durable.


































