L’armée américaine investit 2,2 milliards de dollars dans les microréacteurs nucléaires pour alimenter ses bases

Août 28, 2026 - 11:40
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L’armée américaine investit 2,2 milliards de dollars dans les microréacteurs nucléaires pour alimenter ses bases

L’armée de terre américaine a franchi mercredi une nouvelle étape dans le développement du nucléaire civil de nouvelle génération en annonçant l’allocation d’une enveloppe de 2,2 milliards de dollars à cinq entreprises. L’objectif est la construction d’une vingtaine de petits réacteurs modulaires, appelés microréacteurs, destinés à fournir de l’électricité à cinq sites militaires répartis sur le territoire des États-Unis. Cette décision s’inscrit dans le cadre du programme Janus, lancé en octobre 2025, dont l’ambition est de doter le Département de la Défense d’une source d’énergie autonome, fiable et décarbonée.

 L’armée vise la mise en service d’un premier réacteur dès septembre 2028, une échéance fixée directement par le président Donald Trump dans un décret signé en mai 2025 pour accélérer le déploiement du nucléaire avancé. Avec une enveloppe prévue entre 2027 et 2031, Washington entend ainsi passer à la vitesse supérieure sur les SMR. Contrairement aux grands réacteurs classiques, ces microréacteurs affichent une puissance inférieure à 20 mégawatts électriques. Ils appartiennent à une catégorie spécifique de petits réacteurs modulaires dont la limite est généralement fixée à 300 MWe.

À titre de comparaison, le réacteur EPR de Flamanville en France atteint 1620 MWe. Leur format compact doit permettre une installation rapide sur des bases militaires et garantir un fonctionnement en quasi-autonomie, à l’abri des coupures de réseau ou des pénuries de carburant. Pour le Pentagone, l’enjeu dépasse la simple production d’électricité. Il s’agit de sécuriser l’approvisionnement énergétique des installations militaires face aux risques de cyberattaques, de catastrophes naturelles ou de conflits. En se dotant de ses propres réacteurs, l’armée américaine réduit sa dépendance au réseau civil et aux générateurs diesel, et s’assure une capacité de fonctionnement prolongée sans ravitaillement extérieur.

 Le choix de retenir cinq entreprises différentes et de déployer les réacteurs sur cinq sites distincts répond aussi à une logique de test et de comparaison des technologies. L’armée pourra ainsi évaluer les performances des différents modèles avant d’envisager un déploiement à plus grande échelle sur l’ensemble de ses installations. Cette annonce marque un tournant pour l’industrie nucléaire américaine. Après plusieurs années de recherche et de projets pilotes, les États-Unis entrent désormais dans la phase concrète de déploiement des SMR, avec l’armée comme premier client institutionnel.

Si le calendrier est respecté, le premier microréacteur militaire pourrait être opérationnel à l’automne 2028, ouvrant la voie à une nouvelle génération de centrales de petite taille appelées à jouer un rôle croissant dans la sécurité énergétique du pays.