États-Unis : le secrétaire à l’Armée Dan Driscoll démissionne sur fond de tensions avec le Pentagone
Le secrétaire à l’Armée des États-Unis, Dan Driscoll, a présenté sa démission après plusieurs mois de désaccords avec le secrétaire à la Défense Pete Hegseth. L’information, révélée en premier par le Wall Street Journal et ensuite reprise par d’autres médias américains, marque un nouvel épisode de turbulence au sommet de la hiérarchie militaire de l’administration du président Donald Trump. La Maison-Blanche n’a pas démenti l’information.
Dans un communiqué, l’exécutif américain a salué le travail de Dan Driscoll à la tête de l’Armée de terre. Il a mis en avant "une grande compétence" dans la mise en œuvre du programme du président Trump et "un leadership remarquable" lors d’opérations militaires qualifiées d’historiques. Selon Washington, l’Armée américaine est sortie renforcée de son passage au ministère. Si sa démission est acceptée, le départ de Driscoll constituera le dernier départ en date d’un haut responsable militaire de l’administration Trump. Il intervient à un moment particulièrement sensible, alors que l’institution militaire est confrontée à la guerre en cours contre l’Iran, entrée dans son septième mois. Ancien militaire ayant servi en Irak, Dan Driscoll s’était lancé sans succès dans la course au Congrès en 2020.
Il a ensuite travaillé comme conseiller pour la campagne de réélection de Donald Trump en 2024 avant d’intégrer l’administration. Il bénéficiait aussi d’une proximité personnelle avec le vice-président J.D. Vance, rencontré à la faculté de droit. Cette relation n’a toutefois pas suffi à apaiser les tensions avec Pete Hegseth, dont la gestion du Pentagone est régulièrement critiquée au Congrès. Le sénateur démocrate Jack Reed, figure influente de la commission des Forces armées au Sénat, a directement imputé la responsabilité de ce départ au secrétaire à la Défense. Il a estimé que le président Trump aurait dû intervenir plus tôt pour stopper "les dégâts continus" causés selon lui par Pete Hegseth au sein du ministère.
Le départ potentiel de Dan Driscoll soulève également des inquiétudes sur la stabilité du commandement militaire. Le chef d’état-major de l’Armée, le général Randy George, avait déjà quitté ses fonctions en avril dernier et aucun remplaçant permanent n’a encore été nommé. Dans un contexte de tensions régionales et d’opérations en cours, l’exécutif américain doit désormais gérer un double vide à la tête de l’Armée de terre.


































