Électrification : le Maroc quitte l’assemblage pour viser le cœur de la chaîne de valeur automobile
Le Maroc change de braquet dans l’automobile. Fini le temps où le Royaume était surtout reconnu pour ses usines de montage à bas coûts. Désormais, il investit massivement dans les segments stratégiques de la voiture électrique : batteries, cathodes, électronique embarquée, convertisseurs et câblages haute tension. L’ambition est claire : devenir un maillon indispensable de l’industrie automobile européenne. C’est ce que révèle une étude de l’ICEX, l’agence publique espagnole chargée d’accompagner l’internationalisation des entreprises.
Selon le rapport, le Maroc est en pleine mutation et cherche à couvrir l’intégralité de la chaîne de valeur du véhicule électrique, bien au-delà de la simple production. L’automobile reste le premier moteur des exportations marocaines. Le secteur a dégagé près de 15 milliards d’euros de recettes à la fin 2024. En 2025, il représentait à lui seul 33 % des exportations du pays. Plus de 90 % de la production nationale part à l’étranger, avec l’Union européenne comme principal débouché. L’Espagne représente à elle seule 20 % des ventes du secteur.
L’analyse souligne un tournant. Le Maroc ne veut plus se limiter à son rôle de plateforme industrielle compétitive. Il vise désormais les métiers à forte valeur ajoutée. Parmi les priorités : la fabrication de batteries et de cathodes, les composants électroniques complexes, les onduleurs, les systèmes de stockage d’énergie et les faisceaux électriques haute tension. En misant sur ces technologies clés, le Maroc entend renforcer son poids dans la transition électrique en Europe et passer du statut de sous-traitant à celui de partenaire industriel de premier plan.


































